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Programme de bourses "Jeunes Chercheurs"

Promotion des petites entreprises de transformation agro-alimentaire au Burkina Faso et au Ghana : le rôle des services d’appui financier, technique et commercial
Florent SONG-NABA, Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement (IHEID), Genève, (Thèse de doctorat)

Face aux multiples défis de développement économique mais aussi social en Afrique subsaharienne, la promotion des petites entreprises dans un secteur aussi stratégique que la transformation des ressources agricoles locales semble faire aujourd’hui consensus. L'urbanisation croissante en Afrique, l’augmentation de la consommation d'aliments biologiques ou apparentés en Occident et le développement des filières internationales de l’agro-alimentaire, offrent de réelles opportunités à ces petites entreprises. Toutefois, la mondialisation soumet les entreprises locales à une concurrence âpre, tant sur les marchés intérieurs qu'extérieurs, de sorte que seules les unités réellement compétitives sont à même de dégager des profits. Or, l’une des caractéristiques majeures des petites entreprises se ramène à leur incapacité chronique à s’assurer en interne des ressources humaines, financières et techniques suffisantes pour satisfaire en quantité et surtout en qualité les exigences de la demande intérieure et éventuellement extérieure.

Au regard de ces insuffisances, l’étude du cas du Burkina Faso et du Ghana permet de s’interroger :
- d’une part, sur l’existence ou l’inexistence de services d’appui financier, technique et commercial (ou Business Development Services), capables de combler les carences des petites entreprises locales et de renforcer leur compétitivité sur le marché national et international de l’agro-alimentaire,
- d’autre part, sur le rôle de la coopération internationale dans la mise en œuvre de tels services en vue de faciliter leur accès au plus grand nombre de petites entreprises concernées, surtout que le Comité des donateurs aux PME (coordonné par la Banque mondiale et la Société financière internationale) recommande depuis 1998 l’arrêt des subventions en ce domaine au profit des seules forces du marché.

Les investigations permettent d’avancer les trois éléments de réponses suivants :

(i) Il existe au Burkina Faso et au Ghana deux types de stratégies complémentaires d’appui aux petites entreprises, l’une de type « top down » où intervient surtout l’Etat sous l’impulsion de la coopération multilatérale au développement (Banque mondiale et FMI), et l’autre de type « bottom up » où excellent la coopération bilatérale et les ONG. L’approche par le haut vise à stimuler l’offre de services auprès des PME à travers une série de réformes institutionnelles se traduisant par un désengagement de l’Etat de la sphère productive et commerciale au profit de prestataires privés. L’approche par le bas consiste à stimuler la demande et à faciliter l’accès aux services au plus grand nombre de PME à travers un ensemble de mesures incitatives telles que le subventionnement ou le cofinancement du coût des services.

(ii) Dans le cas spécifique de la transformation agro-alimentaire, l’accès aux services d’appui est différencié selon que la PME est orientée vers le marché international ou vers le marché domestique et régional. Les entreprises insérées dans les filières d’exportation demandent et trouvent plus facilement des services adaptés à leurs besoins que les entreprises orientées vers le national et le régional. En effet, les rigueurs de la réglementation sanitaire et phytosanitaire dans les pays industrialisés importateurs contraignent les acteurs locaux à plus de professionnalisme. En revanche, l’absence de conditions de mise en marché des produits aux niveaux national et régional inhibe toute tentative de stimulation du « marché » des services. 
(iii) La relative facilité d’accès aux services par les entreprises d’exportation est favorisée par l’organisation des activités sous forme de « filière » avec un « pilotage par l’aval », ce qui suscite l’émergence de prestataires spécialisés capables d’apporter des appuis techniques, financiers et commerciaux appropriés tout au long de la filière. L’étude du sous-secteur des fruits au Burkina Faso montrent que l’existence de Groupements d’Intérêt Economique (GIE) et de particuliers, spécialisés dans le marketing et la commercialisation des produits à l’export, permet aux entreprises de séchage de mangues de disposer en temps opportun des informations utiles et de l’encadrement nécessaire pour produire en quantité et surtout en qualité suffisante pour satisfaire la demande. En revanche, dans le sous-secteur des céréales dont les produits sont essentiellement destinés au marché national et sous- régional, l’absence de telles structures professionnelles ayant pour rôle la veille technico-commerciale permettant d’organiser en amont la production, rend la filière céréalière très peu dynamique. Cette constatation conduit à suggérer que l’action des agences de coopération internationale gagnerait plus en efficacité si elle s’inscrivait dans une démarche de filière avec un pilotage par l’aval (donc par la demande) et non par l’amont (donc par l’offre) comme cela a été le cas la plupart du temps.

Contact:
Florent Song-Naba florent_songnaba@yahoo.fr, Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement (IHEID), Genève, Suisse

Partenaire scientifique au Burkina Faso
Département des Technologies Alimentaires (DTA) / Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST)
O3 BP. 7047 Ouagadougou 03

Partenaire scientifique au Ghana 
Food Research Institute (FRI)
P.O. Box M20 Accra