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Programme de bourses "Jeunes Chercheurs" The Apprenticeship of Pottery in Cameroon: a comparative analysis of learning and teaching processes in family and school This research aimed at examining the way a learner become and expert in conducting an everyday activity (pottery). Specifically, I studied the learning and teaching processes developed by both the teacher and the learner in their interactions while making a pot. The developmental niche (Super& Harkness, 1986) as a theoretical framework helped to identify: physical and social contexts of learning and teaching, potters’ ethnothories on learner achievement, and pottery educative practices. In partnership with the IGP/ EMPN, Ministry of Basic Education Cameroon. P.O. Box 1600 Yaoundé. Story telling : Je pars de la définition des unités d’observation de ma recherche et de leur exécution sur le terrain. Je me proposais de faire une analyse comparative des processus d’apprentissage d’une activité artisanale traditionnelle en famille et à l’école. Au départ, j’ai choisi le tissage et la sculpture. Je trouvais des familles de tisserands mais pas des écoles. Ensuite, j’ai prospecté la sculpture. J’ai trouvé une école et des familles sauf qu’aucune femme n’était présente dans l’activité. J’ai identifié une école de poterie ou filles et garçons étaient représentées et j’ai vu des familles ou les deux sexes travaillaient de l’argile. Alors je me suis dite « enfin, j’y arrive ». Le fait de constater que dans tous les sites, on fabriquait des pots, m’amener à orienter l’unité d’observation sur les interactions maître(sse)/apprenant(e) dans une séquence de fabrication d’un pot. La théorie (niche d’apprentissage et la théorie des deux modèles des l’éducation informelle et enfin la typologie d’analyse des processus d’apprentissage) imposait que j’observe filles et garçons ; que je différentie les sites d’observation par l’aspect économique de la vente des pots de la consommation locale. Car cette différentiation influencerait les processus d’apprentissage. Cette différentiation a été faite mais, elle portait un gros biais que j’ai découvert plus tard, au bon milieu de ma recherche. Je devais me rendre à l’évidence que le pot est un objet dont la fabrication est réservée uniquement aux femmes. Sans pouvoir annuler tout ce qui avait déjà été fait, je devais réorganiser mes analyses. En séparant les analyses faites sur les filles et celles faites sur les garçons dans les villages. D’abord l’étude de la poterie à l’école concerne filles et garçons qui suivent le même programme. En famille, le travail est divisé en fonction des sexes. Le pot est fabriqué par les filles et les tableaux, animaux et autres objets par les garçons. Moi, ne sachant pas tout cela, quand je demandais à observer les garçons, ils fuyaient tous. Pire encore dans ce village de Tanzé où les objets de poterie sont fabriqués pour la consommation locale, la poterie est une activité exclusivement féminine. Je ne savais pas que c’était un mépris, une injure que de demander à un garçon de fabriquer un pot. Injure dans la mesure où le pot est un ustensile de cuisine et que les hommes ne sont pas habiletés à toucher ce qui concerne la vaisselle. Ma demande insinuait que le garçon est stupide, c’est un arriéré, une personne incapable de faire les choses masculines, c’est-à-dire les travaux physiquement pénibles et financièrement productifs, bref à un impuissant. Je me suis présentée aux potières de Tanzé comme une enseignante qui observe les méthodes de transmission de savoirs qu’elles utilisent. Connaissant donc mon statut, il était impensable pour elle que je m’intéresse à apprendre la poterie, une activité méprisée de tout le tout le monde là-bàs, « un travail qui ne rapporte rien, disent-elles ». Beaucoup m’ont traité de stupide, de folle. J’ai pu obtenir, d’une potière quelques 3 séances d’enseignement. C’était des moments de rires fous pendant lesquels les potières hôtes, leurs voisins et les passants tous se moquaient de moi. Surtout de ce que je pouvais, avec mon statut, me rabaisser et avoir l’idée de fabriquer des pots. A la fin, j’ai appris à partir des séances observées antérieurement et je posais des questions au fur et mesure des difficultés. A la fin de mon apprentissage, j’ai demandé à Olivier (14 ans) pourquoi il ne fabrique pas les pots. Il a répondu « Je suis fou ou c’est toi qui est folle ? J’ai mieux à faire, être une star, faire de bonne études, etc. je refuse qu’on se moque de moi » Avec du recul, j’ai compris pourquoi et comment ils en sont arrivés là. J’ai pu recenser les éléments qui ont contribué à une telle conception de la poterie. En effet, la terre argileuse se trouve à plus de 10 mètres au dessous du sol. Pour avoir une bonne argile et réussir un bon pot, il faut avoir de la force pour creuser très loin dans le sol. La plupart des potières ne se soumettent pas à cet exercice. Elles préfèrent faire un mélange de terres creusées en surface qui donne généralement des pots peu résistants et fendillés. Les deux potières qui ont réussi dans l’activité sont traitées de sorcières, leur succès est qualifié de mystique, surtout lorsqu’elles sont sollicitées pour la participation à des concours et expositions et lorsqu’elles sont primées. Mankeu, la potière qui m’a accueillie à Tanzé se cachait pour travailler avec moi, au risque de recevoir les injures de ses voisins. Cela pose tout simplement la question de l’attachement à la routine et de la résistance au changement. Il y a du travail de sensibilisation à faire !!! |
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