Programme de bourses "Jeunes Chercheurs"
Understanding the meanings of money to improve social performance in microfinance -
Case study of the saving-credit model in Togo (West-Africa)
Edoé Djimitri Agbodjan, The Graduate Institute of International and Development Studies - Geneva
This research explores and explains how money, defined as a trust based institution, determines the social performance of microfinance institutions in Togo (West Africa).
The uniqueness of this research is that it analyses monetary transactions in the framework of economy initiatives, in order to explain challenges facing microfinance institutions as far as social performance is concerned. Social performance is defined as the effectiveness of microfinance institutions in reaching financially excluded persons and matching products and services to their needs, so that they can improve living conditions. This agenda has become a key issue in the microfinance industry since the pitfalls of microfinancing have been revealed. Beginning with the Social Performance Task Force, which was put in place in 2005, many social performance tools have been developed in order to encourage and to reinforce management in line with the social performance goals. By explaining the dynamics around the activities they finance, this research provides MFIs with some reflections on the way social performance management tools can be implemented in line with the cultural and local economy characteristics.


The belief that there is a strong link between microfinance and poverty alleviation remains so widespread that microfinance institutions (MFIs) are facing a steady pressure to adopt social performance management tools. The Togolese microfinance industry is a prime example of such a situation, as shown through the case of the region of Ogou. The region has faced an unprecedented economic downturn due to the Togolese political crisis (1990-2006). The unemployment rate rose up to 60% after the collapse of the two cotton related companies that underpinned the local economy. To cope with the mass lay-offs, the population has engaged in small trade businesses such as corn purchase-storage and re-sale. Microfinance institutions are deemed to play a key role in supporting these micro-economy initiatives. Furthermore, in 2008, the Government developed a programme for the promotion of microfinance that is included in the Poverty Reduction Strategic Papers (PRSP). It represents 0,26% of GDP, or 9 633 million CFA (République Togolaise, 2007) plus additional 19 700 billion CFA planned for the National Strategy to Promote Microfinance over the period 2008-2012. Expectations vis-à-vis microfinance institutions are high, on both financial and social aspects. Yet, on both MFI and clients’ sides, mistrust prevails due to previous financial experiences, and many MFIs have proven to be extremely fragile. A deep understanding of the context is then paramount.
Doctoral researcher
Edoé Djimitri Agbodjan
15, rue du Prieuré 1202 Genève
Suisse
E-mail : djimi6@yahoo.com
Supervisor:
Professor Jean-Michel Servet
The Graduate Institute of International and Development Studies – Geneva
E-mail: jean-michel.servet@graduateinstitute.ch
Partners
Université de Lomé (Togo)
Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (FASEG)
B.P. : 1515
Tel: (228) 225 50 70
E-mail: faseg-ub@tg.refer.org
Vice-Doyen de la Faculté:
Dr Mensah Anani
E-mail: amensah@tg.refer.org
Responsable du Département de Troisième Cycle et Recherche :
Professeur Kako Nubukpo :
E-mail : kakonubukpo@yahoo.com
Faîtière des Coopératives d’Epargne et de Crédit du Togo (FUCEC-Togo)
Coopec- Novissi
B.P 190 Atakpamé – Togo
Tel: (228) 440 03 90
Fax: (228) 918 80 64
E-mail : abaidrissou@yahoo.fr
Mutuelle des Coopératives d’Epargne et de Credit (MUECA)
Madode Kofi, Directeur
Coopec Ilèma
B.P: 404 Atakpamé – Togo
Tél: (228) 449 35 60
coopec_ilema@yahoo.fr
Story Telling
Mon expérience de recherche au Togo a révélé des difficultés que pose la « recherche chez soi ». Les défis liés à cette approche de plus en plus courante en anthropologie retiennent une attention croissante. On tend souvent à croire que le fait qu’un chercheur appartient à la communauté culturelle de son terrain devrait favoriser sa compréhension des réalités locales. Ceci est partiellement vrai parce que l’appartenance à la communauté d’étude donne au chercheur un capital social qu’il peut mobiliser et une connaissance fine de la langue locale qui lui permet de saisir les sens profonds des discours locaux. Cependant, cette proximité avec le terrain peut être aussi un handicap majeur à l’accès à l’information. Nous donnerons ici un exemple tiré de notre expérience de terrain.
Au Togo, les populations sont généralement réticentes à révéler le montant de leurs revenus. Il s’agit de questions touchant à l’intime, des sujets tabous dont on discute peu. Cette pudeur peut être encore plus forte lorsqu’il s’agit de familiers. Même au sein des couples, il est courant qu’une femme ne connaisse pas le salaire ou le montant des revenus de son mari. De ce fait, le statut familier du chercheur rend difficile la collecte des informations sur le revenu : « qu’est-ce que le fils de …cherche à voir dans mes revenus ? » ; « veut-il exposer mon indigence à l’opprobre de sa famille et de la communauté ? ». La collecte d’information sur les revenus par un « chercheur » connu comme étant membre de la « communauté » devient un enjeu de pouvoir qu’il ne faille pas négliger.
L’expérience suivante advint au cours des entretiens auprès des clients de Ilema, une des structure de microfinance. Pour ces entretiens individuels, nous étions accompagnés d’un agent de l’IMF qui nous indiquait les clients puis s’éclipsait pour nous laisser nous entretenir avec eux. Nous avons exigé l’absence de l’agent au cours des entretiens, sachant que nos interlocuteurs ne s’exprimeraient pas librement autrement. A un détour de rue, l’agent nous conduit vers une revendeuse de poisson séché qui se trouve être une tante maternelle. Elle manifesta d’une part sa surprise de nous voir, n’étant pas apparemment au courant de notre retour, mais aussi son indignation puisque nous ne lui avons pas rendu visite auparavant. Quand l’agent lui expliqua l’objet de la visite, elle hésita un moment puis finit par acquiescer de la tête, visiblement mal à l’aise. Elle répondit ensuite à l’agent : « C’est un des miens. On se connait ». Nous entamions les discussions très abondantes sur des sujets autres que ceux se référant à ses revenus. Mais sur des questions liées à son revenu, ses réponses étaient stéréotypées : « Tu poses là des questions difficiles », « Nous ne faisons pas tous ces calculs-là » « Ton école a besoin de cela pour faire quoi ? », « Toi, tu es devenu un blanc. Tu poses des questions bizarres ». Ce type de comportement a été particulièrement prégnant face à des interlocuteurs familiers. Il a retenu notre attention. Le choix de mener ou non une recherche chez soi doit être analysé par rapport aux enjeux de pouvoir que suscite le thème de ladite recherche.
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