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Guide du Partenariat Scientifique avec des Pays en Développement

11 Principes

Commission suisse pour le partenariat scientifique avec les pays en développement, 1998

Traduction par David Fuhrmann, 2014 Bôle


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Below you find the Table of Contents and the foreword.


Table des matières

«Changer de cap» - dans la recherche aussi!
Pourquoi changer?
Oú mène le nouveau cap?

Remerciements

Introduction
Généralités
Le contenu

Les onze principes du partenariat scientifique
1. Déterminer ensemble l'objet de la recherche
2. Etablir un climat de confiance
3. Informer et créer des réseaux
4. Partager les responsabilités
5. Promouvoir la transparence
6. Assurer le suivi de la coopération
7. Faire connaître les résultats
8. Exploiter les résultats
9. Partager équitablement les gains
10. Renforcer le potentiel de recherche
11. Assurer l'acquis

Annexe
1. Exemples concrets
1.1 Le projet ‘Prosopis’ au Pérou
1.2 Le projet ‘méningite’ dans le Nord du Ghana
1.3 Projet ‘lac Victoria’ une mise en oeuvre locale de l'Agenda 21
2. Obstacles et problèmes courants lors de partenariats scientifiques entre PD et PI
3. La charte des responsabilités du partenariat Nord-Sud

Postface

Abréviations


«Changer de cap»1 - dans la recherche aussi! (en guise de préambule)

Pourquoi changer?
Il y a maintenant des dizaines d'années qu'une partie du monde scientifique souligne les dangers inhérents à la croissance démographique, à la dégradation de l'environnement et au dérèglement du climat. Si ses avertissements sont justifiés, on peut considérer que de sérieuses menaces pèsent à plus ou moins brève échéance sur la civilisation humaine2. La recherche scientifique peut et doit contribuer à résoudre ces problèmes, mais n'y parviendra qu'à deux conditions - la première étant une meilleure répartition géographique du potentiel scientifique à l'échelle planétaire, et la seconde, une coopération systématique entre recherche, politique, économie et société civile.
Le bon sens aussi bien que la solidarité commandent ainsi de donner aux «pays en développement» (PD) les moyens de mettre en place, pour leurs chercheurs, des réseaux internationaux de coopération scientifique, comme cela se fait depuis longtemps entre pays industrialisés (PI). La «coopération» dont il est question ici vise non pas à promouvoir une compétitivité économique sur le modèle habituel, mais à rechercher ensemble des solutions aux problèmes évoqués ci-dessus. Ce processus de responsabilisation doit remplacer la concurrence par des impératifs de complémentarité et de synergie.
Cette idée semble actuellement faire son chemin dans certains PI3,4 (cf. aussi annexe 3). Et il en va de même dans certains PD, comme en témoignent les activités de la Third World Academy of Sciences5. Fondée en 1983, elle compte aujourd'hui des représentants de plus de 70 PD et constitue probablement le plus important forum scientifique du Tiers monde. Elle procède de l'aspiration à promouvoir les activités scientifiques dans les PD, d'y donner à la recherche l'importance et l'autonomie indispensables.
Ce dessein mérite un accueil enthousiaste et un appui sans réserves. Il recèle toutefois le danger d'une nouvelle polarisation de la recherche entre le Sud et le Nord, ce qui serait finalement contraire à l'idée d'une communauté scientifique planétaire6. Et sa réalisation est entravée par la disparité des PD - notion à laquelle il est devenu impossible de donner un sens précis7. Le fossé entre «pays les moins développés» et «pays émergents» est à bien des égards plus profond qu'entre ces derniers et les PI. Si la présente publication utilise tout de même l'expression «PD», c'est qu'elle est usuelle dans les pays anglo-saxons notamment. En tout état de cause, il faut savoir que chaque projet de partenariat doit être abordé en fonction de son contexte particulier.

Oú mène le nouveau cap?
La «Stratégie suisse pour l'encouragement de la recherche dans les pays en développement»8 propose un moyen de réduire le déséquilibre entre PI et PD dans ce domaine: les partenariats scientifiques. Ceux-ci se caractérisent essentiellement par l'intérêt réciproque que présente le problème étudié, ainsi que par une coopération transdisciplinaire de longue haleine, des groupes de recherche autant que possible paritaires et un processus de formation continue pour tous les participants9. Le changement est net: jusqu'à présent, la Suisse n'a pratiqué la coopération scientifique avec des PD que de manière plus ou moins ponctuelle. On s'intéresse essentiellement aux résultats de la recherche proprement dite, et très peu à ses méthodes et aux effets que cela peut avoir sur le développement du pays partenaire ou sur la mise en place et le renforcement de son potentiel scientifique. Cet état de fait comporte toutefois de réjouissantes exceptions10,11,12 lesquelles montrent que le partenariat en question est effectivement possible et qu'il peut contribuer à développer durablement le potentiel scientifique du partenaire13.
Les protagonistes d'un partenariat scientifique affrontent des exigences élevées et inhabituelles. Absence d'idées préconçues, modestie et respect d'autres échelles de valeurs sont autant de préalables à la réalisation de tels projets et à l'établissement de liens interculturels. Le présent guide procède lui-même d'une démarche qui sort des sentiers battus. Destiné en premier lieu aux requérants de projets de recherche basés sur le partenariat, ainsi qu'aux bailleurs de fonds publics et privés, il est donc axé sur les besoins de la communauté scientifique (suisse). Mais il doit également constituer un outil de planification pour nos partenaires potentiels des PD, et donner des points de repère utiles aux évaluateurs d'entreprises scientifiques.
Comme on l'a évoqué plus haut, la communauté scientifique internationale passe actuellement par un processus de remise en question - dont témoignent nombre de conférences en Suisse aussi bien qu'à l'étranger, ainsi qu'une quantité d'études menées dans le Sud comme dans le Nord (cf. aussi la postface). On se rend toujours mieux compte que la recherche ne peut plus se baser sur le seul critère des résultats. Il faudra désormais se préoccuper - selon des modalités qui restent à définir - des interactions entre chercheurs et collectivité, entre science et vie quotidienne. Ce guide exprime en outre le fait qu'une partie croissante de la communauté politique et scientifique suisse tient à soutenir concrètement l'établissement et le renforcement d'une infrastructure de recherche dans les actuels PD, afin de contribuer ainsi à un développement planétaire durable.