Stage d’appui et échange de savoir-faire dans le domaine de la construction d’habitat en terre, Fundacion Tierra Viva, Colombie.
1 Contexte du projet.
La guerre qui déchire la Colombie depuis 40 ans s’est intensifiée ces dernières années,
avec un soutien important du gouvernement américain. Après son élection en 2002, le
président Alvaro Uribe a lancé une campagne militaire d’envergure qui vise à regagner
les territoires occupés par les groupes armés de guérilla. Si la perception générale
des colombiens et colombiennes sur la situation sécuritaire s’améliore nettement, la
tendance est plutôt inverse pour les personnes habitant dans les zones que se disputent
les différentes forces en présence. Les populations sont victimes des violences destinées à imposer un contrôle social et territorial : déplacements forcés, assassinats sélectifs,
confinements, arrestations massives et harcèlements. Outres ces violences directes, elles
souffrent du climat de peur et de suspicion engendré par le conflit. Les estimations du
nombre des personnes déplacées en raison de cette guerre approche les 3,4 millions.
La majorité d’entre-elles proviennent des campagnes qu’elles abandonnent sous les
pressions et les menaces des différents belligérants. Les populations sont fortement
traumatisées par la violence et ses conséquences sur leur vie. Dans un tel contexte, le
déficit de logement est immense, mais ne fait pas partie des priorités de la politique de
l’Etat actuel.
2 Organisation partenaire locale.
La Fundacion Tierra Viva est une organisation non gouvernementale qui travaille à la préservation des identités locales et au renforcement des cultures constructives en terre afin d’améliorer la qualité des établissements humains de la population
économiquement précaire de Colombie. Son objectif est de promouvoir et diffuser
l’utilisation de la terre crue comme matériau de construction valable à l’aide de la
formation, la recherche et normalisation et de l’application afin de générer un habitat
sain, durable et intégré.
3 Objectifs des projets de Sonson et Vegachi, région d’Antioquia.
Il s’agit de répondre au large déficit de logement dans 2 régions «oubliées» et retirées d’Antioquia par la construction de 2 quartiers d’habitation en terre crue dans un processus social et participatif, pour une population déplacée par le conflit armé et se trouvant pour la majorité sans véritable source de revenu.
L’objectif est de réintégrer les matériaux et les compétences techniques locales dans
la construction de nouveaux logements afin de revaloriser les savoir-faire développés
et adaptés par des générations de constructeurs et constructrices. Les nombreux
déplacements de populations dûs au conflit armé contribuent particulièrement à la
disparition de ces traditions et savoir. Leur récupération est urgente car ils représentent
des solutions plus durables et bien plus adaptées dans la conception, planification et
réalisation de logements.
La participation est un élément clé dans le montage des projets destinés à améliorer les conditions de vie de population éplacées et déracinées, et vivant dans une
grande précarité. Dans le cas des projet de Sonson et de Vegachi, la participation
des hommes et des femmes bénéficiaires garanti la durabilité du projet à plusieurs
niveaux : en participant à la construction, les bénéficiares acquièrent un savoir-faire
qui leur permettra d’agrandir, améliorer et entretenir leur habitat à moindre frais tout
en respectant l’environnement. Cela peut leur permettre dans un deuxième temps de
créer des micro-entreprises issues de ce savoir-faire. En étant conscientEs de participer
au renforcement des cultures constructives locales, les bénéficiares s’identifient et
s’approprient le projet. Illes en sont fières et acquièrent un sentiment d’appartenance
au lieu qu’illes vont habiter.
A Sonson, le projet est destiné à des femme cheffe de famille. Dans un contexte de
guerre et face au schéma social patriarcal mondial, les femmes ne sont pas uniquement
des victimes comme l’histoire le prétend. Pour survivre, elles jouent un rôle fondamental
dans le maintien de l’unité des communautés et celui de leur famille. Grâce à leur
volonté et leur résistance les femmes sont capables de surmonter bien des situations afin
de retrouver un équilibre dans leur vie et leur famille. Les projets destinés aux femmes
sont imprégnés de cette force qui garanti leur durabilité.
4 Partenaires et contactes.
Collaboration de recherche dans le cadre
de la Cellule d’Etudes Appliquées sur
l’Habitat (CEAH), Laboratoire de sociologie
urbaine (LASUR), école polytechnique de
Lausanne:
EPFL-ENAC-INTER-LASUR
Adriana Rabinovitch
(Responsable de la CEAH)
Bâtiment BP
CH-1015 Lausanne
adriana.rabinovich@epfl.ch
Stage d’appui et d’échange de savoir
faire dans le cadre de la formation
postgrade DSA-architecture de terre,
chaire UNESCO, laboratoire CRATerre.
école nationale supérieure d’architecture
de Grenoble:
ENSAG-CRATerre
Huber Guillaud (Directeur scientifique)
60, avenue de Constantine
BP 2636-38036
FR-Grenoble cedex 2
hubert.guillaud@grenoble.archi.fr
ONG locale:
Fundacion Tierra Viva
Santiago Rivero Bolaños
(Directeur du Centro de la Tierra)
Calle 7 / 6-65
Barichara
Colombie
santerravive@yahoo.com
Références de la stagiaire:
Elsa Cauderay
architecte EPFL
rue de l’industrie 9
CH-1005 Lausanne
elsa.cauderay@romandie.com
Remerciement à la Direction du
développement et de la coopération
suisse (DDC), sans quoi je n’aurai pas pu
réaliser ce stage.

Les femmes du projet de Sonson.