Evaluation de la composante participative dans le programme sectoriel forêt-environnement (Psfe) : le cas de la réserve de la faune du Dja au Cameroun
Suite à la signature de la convention de Lomé3 en 1984, les ordonnateurs nationaux du Fonds européen de développement des sept pays forestiers dAfrique centrale ont décidé, en 1987 à Yaoundé, de consacrer 30% des fonds régionaux au développement rural et à la valorisation des ressources forestières. Cest à la suite de cette décision que le programme ECOFAC (Conservation et Utilisation Rationnelle des Ecosystèmes en Afrique centrale) a vue le jour. La transcription de ce sigle traduit en tout points lobjectif global visé par le programme, qui devrait se concrétiser sur le terrain par la création, en collaboration avec les populations locales, dun réseau daires protégées à travers toute lAfrique centrale. Les sept pays concernés sont : Sao Tomé et Principe, la Guinée équatoriale, le Gabon, le Congo, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo et le Cameroun.
Pour ce qui est du Cameroun, la zone dintervention du projet sétend sur toute la réserve de la biosphère du DJA et sa périphérie. Lancé en 1992, le projet est maintenant à sa troisième phase. La Réserve du Dja se situe dans une zone relativement peu peuplée avec des densités de population qui varient entre 0,6 et 4 ha/km2. Ces populations se répartissent en plusieurs groupes ethniques, y compris plusieurs milliers de pygmées Baka qui subsistent en chassant la faune qui se trouve dans la zone. Cette chasse commerciale couplée à lexploitation forestière et au braconnage constitue des menaces sérieuses pour le maintien de léquilibre biologique de lécosystème du Dja. Le projet ECOFAC avait pour but dassurer une meilleure protection de la Réserve, notamment grâce à la gestion participative, au contrôle de la chasse et à la mise en place dactivité de développement visant à diversifier les sources de revenus.
Des évaluations officielles externes ont déjà mises en avant la plupart de préoccupations exprimées dans cette étude de cas. Ces évaluations ont souligné lambition démesurée du projet, sa mauvaise compréhension des réalités socio-économiques locales et la mauvaise conception du projet. Les évaluations ont révélé que pour diverses raisons, le projet na pas réussi à faire de la participation son principe actif de fonctionnement. Ceci a eu des conséquences énormes, y compris des conflits avec les communautés locales et en particulier avec les Baka, qui pour la plupart semblent percevoir le projet comme une menace pour leurs moyens dexistences. Toutefois, des progrès récents, tels que lintroduction possible dune nouvelle loi sur la chasse artisanale et la mise en place de mesures daccompagnement, vont peut-être permettre de résoudre certains conflits avec les communautés locales. Les discussions avec les communautés Baka dans la région de Lomié qui ont eu lieu dans le cadre des recherches menées pour la production de ce rapport ont révélé que les Baka pensent quils peuvent contribuer au projet de façon positive à lavenir. Et cela sur deux éléments qui se sont révélés les plus problématiques :
* Les Baka ont une profonde connaissance de lécologie de la forêt et pensent quils peuvent contribuer à la définition dun plan de zonage efficace, y compris à la définition des zones de protection totale.
* Ils pensent quils peuvent contribuer à la définition dun calendrier de chasse et de quotas durables de prélèvement de chasse.
Les évaluations ont également montré que le projet na pas réussi à trouver des stratégies pour encourager les pygmées Baka, marginalisés et les plus exposés aux impacts sociaux négatifs du projet, à participer au projet. Ces derniers représentent pourtant les parties prenantes clés du projet.
La composante ECOFAC-Cameroun déploie son activité dans le département du Dja et Lobo où il concentre ses efforts dans le nord et louest de la réserve. Environ 23500 personnes réparties en 7 groupes ethniques différents vivent à lintérieur ou dans les environs immédiats de la réserve. Examiner ou évaluer les impacts du programme sur lensemble de ces groupes ethniques dépassait largement le champ de cette étude. Cest pour cette raison que nous avons choisi le groupe Baka qui est présent dans tous les secteurs géographiques de la réserve et qui est la plus importante agglomération autour de la réserve. En plus, ce groupe est représenté par une association ABSBAK dont les entretiens avec les représentants ont servis de base à ce rapport. Nous nous sommes basés aussi sur dautres expériences camerounaises en matière de gestion participative des ressources naturelles, sur lanalyse des documents déjà existants et des rapports dactivités et dévaluations externes en phase 1 et 2, ainsi que des entretiens avec des leaders de la communauté Baka de la région de Lomié, le village le plus important à la périphérie Est de la réserve du Dja.
Jean-Claude Djom
Résidence du Mont Blanc
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Contacts et adresses
NORD
Dr Marika Bakonyi Moeschler, enseignante à l Université de Genève.
Coordinatr
ice du DESS, Directrice de mon mémoire.
Centre Universitaire dEcologie Humaine et des Sciences de lenvironnement (CUEH)
CUEH, Uni Mail, Boulevard du pont dArve 40, 1211, Genève 4 .
Téléphone : + 41 22 705 81 75
E-mail : marika.bakonyi@unige.ch
Professeur Ronald Jaubert : enseignant chercheur à lUniversité de Genève.
Institut Universitaire dEtudes du Développement (IUED)
Rue Rothschild 24, case postale 136, CH-1211 Genève 21.
Téléphone : + 41 22 906 59 62
E-mail : Ronald.Jaubert@unige.ch
SUD
Dr Kamdem Emmanuel, Sociologue. Enseignant à lUniversité de Douala-Cameroun.
Directeur de lESSEC ( Ecole supérieures des Sciences économiques et
Commerciales. Boite postale 1931 Douala.
Téléphone /Fax : + 237 340 53 41
E-mail : Kamdemme@]yahoo.fr
Monsieur Mboumgang Claude, enseignant chercheur à lInstitut Panafricain de
Développement (IPD), Douala Cameroun. Boite postale 4312 Douala.
Téléphone : + 237 789 90 88
E-mail : claude-mboumgang@yahoo.fr